Pourquoi suis-je victime d’un acharnement judiciaire de la part du Cabinet de la Présidence de l’Union des Comores

Dans un souci de participer au développement de mon pays, je n’ai pas attendu les appels des politiques pour investir dans le transport Maritime.

L’appel du président de la république en faveur du développement du secteur privé et l’apport des fonds des bailleurs étrangers pour aider les jeunes entrepreneurs ne pourraient que rassurer les Comoriens.

Malheureusement, je doute fort de la volonté du Chef de l’Etat et de son entourage. Je crains fort qu’il ne s’agit que d’un effet d’annonce comme nombre de déclarations du gouvernement pour rassurer les investisseurs.

Pour preuve, je suis victime d’un harcèlement judiciaire de la part du Cabinet du Président de la République et de son Conseiller Juridique dans le seul but de me ruiner dans mes efforts d’investir aux Comores.

En effet, le gouvernement Comorien avait affrété mon bateau, Machouwa-Express, dans le cadre des patrouilles préparatoires du débarquement à Anjouan, avec un engagement ferme d’assurer tous les risques liés à l’opération envisagée ou toutes autres garanties couvrant les risques des passagers, de l’équipage et du navire. Car, mon assureur ne pourrait pas me couvrir au moment où mon bateau assurait une mission de guerre et transportait des militaires armées.

Mon bateau a malheureusement subi une avarie et j’ai demandé d’abord au directeur de cabinet du président d’alors, d’effectuer les réparations conformément au contrat, avant de saisir la justice compte tenu de son hésitation.

Mon avocat m’a informé qu’il a été demandé au juge de bloquer le dossier dans un premier temps, mais au final les juges ont pu se saisir du dossier et prononcer un jugement revêtu d’une exécution provisoire ordonnant le Cabinet de la Présidence de verser immédiatement 80 % du montant des dommages subis.

Je dois préciser également que le dossier a été instruit lors du précédent gouvernement du Président A.M. SAMBI et le Président de la République actuel et son Directeur de Cabinet sont bien au courant de cette affaire.

Je dois aussi signaler que, dans sa requête d’opposition au jugement adressée à la justice, le Conseiller Juridique de la Présidence n’a pas manqué l’occasion de critiquer le jugement et vilipender le juge avec des propos inacceptables dans un pays de droit.
D’ailleurs dans un esprit de transparence, je dois malheureusement publier très prochainement cette lettre qui montre combien notre pays est en danger par la multitude d’incompétences, de complaisances, et d’injustices à tous les niveaux.

Le Directeur de Cabinet de la Présidence a interjeté appel et la Cour d’Appel a déclaré l’appel irrecevable et ordonne en conséquence le paiement immédiat des dommages subis. Le cabinet de la présidence n’a pas respecté cette décision de justice rendue par les juges au nom du peuple comorien.

Malheureusement cela n’a pas découragé le Cabinet à la Présidence pour recourir à la Cour de Cassation, une première depuis la naissance de la république. Les juges jugeront en effet trois fois cette affaire dont le dernier jugement a été rendu avant la création de la Cour Suprême.

Néanmoins, je ne peux pas imaginer qu’il s’agit d’une manœuvre bien réfléchie de la part du cabinet présidentiel pour faire pression sur les juges en leur faisant en même temps porter le chapeau, puisque cette affaire est claire et connue de tous mais aussi il ne souffre d’aucune ambigüité.

Par ailleurs je constate que d’autres jugements défavorables au gouvernement ont été prononcés et, le cabinet de la présidence n’a pas adopté cette attitude d’acharnement judiciaire.
J’imagine qu’il s’agit d’une coïncidence malheureuse et non pas d’un règlement de comptes politiques occultes ou sectaires dans une affaire privée.

C’est pourquoi, je cherche à savoir le profile d’autres victimes qui se trouvent dans le même cas que moi – si je ne suis pas le seul – afin d’éluder tout sentiment ou mobile partisan et sectaire dans cette affaire.

Aussi voudrais-je savoir pourquoi suis-je victime d’un acharnement judiciaire de la part du cabinet du président de la république?

Sur ce, j’ai écrit au président de la république pour dénoncer l’hostilité gratuite de son cabinet contre mes intérêts, mais notre premier magistrat a préféré m’ignorer en laissant son cabinet poursuivre son acharnement.

Par ailleurs je constate que d’autres jugements défavorables au gouvernement ont été prononcés et le cabinet de la présidence n’a pas adopté cette attitude d’acharnement judiciaire.
Je suis un homme libre, apolitique, qui aime son pays et soucieux du respect du droit et des personnes. A ma place, je crois être utile à mon pays et je n’ai aucun intérêt à m’immiscer dans la salade politique comorienne.

Je ne revendique rien aux Comores mis à part la liberté d’investir dans ce pays dans le respect des lois en vigueur, afin d’aider les Comoriens.

Néanmoins, compte tenu du fait que la presse ne dénonce pas les actes sectaires des uns et des autres, je n’épargnerai aucun effort pour combattre les dérives sectaires – qui se manifestent par des actes ou des actions injustes dans la gestion des personnes et des biens – prenant de plus en plus d’ampleur dans notre pays, au sein du pouvoir et de l’opposition, dans l’ensemble de nos îles sans exception aucune, contrairement aux dires des politiques qui se limitent à indexer une catégorie de citoyens.

Toutefois je refuse une quelconque étiquette d’opposant ou de sympathisant du pouvoir en place et préfère garder jalousement mon statut de simple citoyen apolitique épris de justice et soucieux de l’avenir des ses compatriotes et de l’unité de son pays.

Enfin, je prends à témoin les Comoriens dans ma démarche pour dénoncer l’injustice dont je suis victime de la part du tout puissant Cabinet du Président de l’Union des Comores pour avoir osé investir aux Comores et accepté de confier mon bateau au gouvernement pour libérer Anjouan. Et, j’assume ma naïveté pour l’amour de mon pays mais je n’accepterai pas une injustice d’où qu’elle vienne.

Puisque je crois en la justice de mon pays, plus qu’à nos politiques, je m’en remets à elle et au tout puissant pour que justice soit faite.

Bien entendu, ces propos n’engagent que moi et j’assume seul toute responsabilité dans la dénonciation des injustices orchestrées par le tout puissant cabinet du président de la république, comme je le mets au défi de nier ses dérives et sa responsabilité ou sa complicité dans cette affaire.

Abdou Musbahou

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