Programme de citoyenneté économique : 44.070 passeports délivrés entre 2008 et 2016 aux apatrides du Golf

Par Ali Abdou

La troisième séance de questions orales aux membres du gouvernement s’est déroulée, jeudi dernier, à l’Assemblée nationale. C’est le député Abou Achrafi Ali Bacar qui a lancé la première salve en demandant au vice-président chargé l’Aménagement du territoire les dispositions prises par le gouvernement après le glissement de terrain à Badramahalé. Répondant au nom du vice-président concerné, protocole oblige, le porte-parole du gouvernement, Mohamed

Daoudou, a déclaré que le phénomène qui s’est produit le 1er mars 2014 dans cette localité située au nord de Ndzuani «restera inoubliable pour longtemps dans notre mémoire collective.» Et d’appeler les villages situés sur le littoral à respecter le code de l’urbanisme. «Des projets sont à l’étude ; l’objectif est de trouver des toits pour loger ceux, parmi les habitants de Bandramahale, qui sont menacés et éviter qu’une telle catastrophe ne se reproduise», a-t-il ajouté.

Interrogé par Oumouri Mmadi Hassani sur les procédures d’octroi de la citoyenneté comorienne aux apatrides du Golf, le ministre de la Justice  a fait savoir que tout le processus avait bien été défini avant le lancement du programme (en 2008) et qu’Interpol avait un œil sur chaque personne ayant bénéficié de ce projet. «Mais, à partir de 2011, le programme a commencé à échapper à tout le monde ; les instances qui devaient être mises en place pour veiller au respect des procédures fixées par la loi ne l’étaient pas», a déploré Fahmi Said Ibrahim.

A la question de savoir si le gouvernement allait poursuivre ou non le programme, il a  répondu qu’un audit venait d’être diligenté pour débusquer ceux qui ont pu bénéficier de la citoyenneté comorienne en dehors du circuit légal. «Après, on verra si on continue le programme ou si on l’arrête définitivement», a-t-il dit.

Le député Oumouri Mmadi Hassani est enfin revenu à la charge en demandant au ministre    de l’Intérieur le nombre exact de passeports comoriens délivrés entre 2008 et 2016 dans le cadre de ce programme de citoyenneté économique.

Selon Mohamed Daoudou, la loi y afférente n’était pas respectée par le régime précédent. «Elle a été dévoyée. Il suffisait d’un décret présidentiel pour accorder la nationalité à des centaines de personnes. Or, cela allait à l’encontre de la loi», a-t-il indiqué.
A l’en croire, 44.070 documents de voyage ont été accordés à des apatrides de 2008 à ce jour.

«Toute personne titulaire d’un passeport biométrique comorien figure dans notre base de données. Toutefois, un réseau parallèle délivrait ces mêmes documents d’identité en dehors de tout contrôle», a dénoncé le premier flic des Comores.

Il compte ainsi se rapprocher du gouvernement des Emirats arabes unis pour une confrontation des fichiers en vue de savoir les passeports ayant été délivré dans les procédures normales et ceux qui n’ont pas respecté la loi.

Alwatwan 

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