Quand le président Azali répond aux insultes du président Macron

Opinion libre:

Je suis déçu par la réponse que notre président Azali Assoumani donne à l’injure délibérée du président français Emmanuelle Macron. J’attendais face à une phrase insultante et raciste comme,  »le kwassa-kwassa pêche peu de poisson, il amène du Comorien », une réaction diplomatique ferme et précise comme rappeler à Moroni l’ambassadeur de Comores à Paris. De sa part, je note au contraire, presque une excuse et justification de cette faute grave par l’immaturité, le manque d’expérience, la jeunesse du président français comme si on était dans la cours de récréation de l’école bananière. Le temps de la soumission, de la mendicité, de la peur du blanc, je l’ai cru dépassé…

Comme nos dirigeants ont peur de lui répondre, je dirai au président français que sa blague ne nous fait pas rire et n’honore pas nos morts dans ce bras de mer entre Anjouan et Mayotte. Et que quand la France était sous la botte de blague et mépris de Hitler, c’est mes arrières grands-pères dans leur dimension respectueuse de la condition humaine, de leur patrie coloniale, qui tronquèrent leur boubou contre l’uniforme kaki pour sauver la France et la rendre aussi par la suite féconde de la première Guerre mondiale jusqu’à à la Deuxième. Ils ont donné leur sang, ils ont abandonné leurs enfants, leurs femmes et leur pays pour secourir les français jetés dans la fureur, enveloppés dans la terreur et la douleur des Allemands. Qu’est-ce que cette mémoire récolte de la France officielle, les insultes, l’érection des frontières par l’instauration du visa Balladur, grosso modo, le néocolonialisme un outil de déstabilisation et d’instauration de la haine. Notre génération, dire-t-on, n’est pas comptable de cette histoire. Mais comment ne pas être comptable quand un pays de la liberté interdit les autres d’être libre; comment ne pas être comptable quand un pays de droit de l’homme arrache aux autres leur droit d’être et de circuler dans leur pays ? Comment ne pas être comptable dans ce présent hanté par les catastrophes politiques ? Comment peux-je être passif face à tous ces maux qui rongent l’Homme?

En tout cas pour nous le peuple de Comores, on s’en souviendra toujours…

Par Ismaël Ali Abdoul-basur

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