Quatre adolescentes mortes noyées à Ivé

noyadeQuatre adolescentes dont deux sœurs de la localité d’Ivembeni sont
mortes noyées le vendredi. C’est au cours d’une partie de baignade
dans une grande citerne à Badansamlini que les quatre filles
asphyxiées sous l’eau durant une trentaine de minutes ont perdu la
vie. Elles étaient 7 jeunes filles parties ramasser les fagots.

Sur le chemin de retour après avoir ramassé les fagots au champ, nous
nous sommes arrêtées sur une citerne pour prendre un bain, avant de
retourner au village. Mais aussitôt après, la première à descendre a
commencé à pousser des cris parce qu’elle glissait sous l’eau. Une
deuxième est partie la secourir, rejointe par une autre, puis une
troisième. Je suis descendue à mon tour et l’une des quatre s’est
agrippée sur mon pied. A ce temps là, j’ai eu l’impression qu’elle
m’entraine avec elle dans sa descente. Après qu’ont nous a lancé une
perche sur laquelle, je me suis accrochée, l’autre tellement fatiguée, a
finalement lâché. Ensuite, je les ai perdues de vue », témoigne la gorge
nouée, Karima Mmadi la seule survivante de cette terrible tragédie parmi
ceux qui étaient descendus dans la citerne.

Et elle de continuer sous les sanglots, « Dieu a fait que je ne meurs
pas ce jour là… La citerne était tellement remplie qu’elle a couvert
toute ma taille». « Lorsque je suis arrivé à remonter, j’ai couru à
plusieurs centaines de mètres pour rencontrer une personne. Elle
revenait de la prière de vendredi. Je lui ai raconté l’histoire, elle
est partie aussitôt », ajoute cette jeune fille qui a passé une nuit
entière au lit de l’hôpital d’Ivembeni (elle s’était évanouie après
cette épisode : ndlr).

Dr Michel, le médecin en chef de cet hôpital qui a eu à examiner en
premier ces corps, pense qu’à leur arrivée à l’hôpital, les 3 jeunes
filles étaient déjà mortes. Raison pour laquelle, son attention s’est
portée beaucoup sur Zed qui vomissait une fois qu’on lui aurait appliqué
un massage au niveau du thorax. « J’avais senti que l’atmosphère
commençait à monter, et par mesure de prudence, j’ai ordonné qu’elles
soient évacuées à El Maarouf », avance ce médecin malgache qui regrette
l’absence de moyens de transfert adéquats. « S’il y avait le matériel
nécessaire dans l’ambulance qui a amené Zed à l’hôpital, je pense qu’on
aurait pu la sauver», a-t-il déploré. Selon des sources concordantes la
jeune fille serait morte dans l’ambulance à l’entrée de Badamadji Itsandra.

A la sortie de ce village vers Maoueni, les 4 corps reposent sur le
cimetière villageois où des gens viennent sans cesse faire des prières.
Un village qui est toujours sous le choc après ce drame. À l’arrivée
dans cette localité perchée sur la colline de la grille, la tristesse se
lit sur les visages de chacun de ses habitants. « Les plaies sont
vivaces, ce drame nous a tellement surpris que je ne sais pas quoi dire
», soupire Ahmada Saadi, maire de la commune Lagrille-Badansamlini et
cousin direct du père des deux sœurs décédées.

Il parait que ces 4 filles ne sont pas les premières victimes de ces
citernes construites à l’époque des mercenaires. Deux hommes ont aussi
perdu la vie dans ce même endroit qui serait hanté, selon certaines
personnes superstitieuses.

*Maoulida Mbaé*

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