Radhi, le début de la fin ?

Par Abdallah Mzembaba

L’ancien ministre Mihidhoir Sagaf dresse un constat alarmant de ce que fut la coalition Radhi-Updc. «Il n’y a pas eu de fruits dans ce partenariat. Le bureau politique a toujours été écarté des négociations, n’a jamais été concerté sur les conditions de ralliement avec Ikililou Dhoinine et l’Updc». De là, à dire que cette alliance n’a servi que Houmed Msaidié, il n’y a qu’un pas que certains hésitent jusqu’ici à franchir.

Battu lors des dernières élections présidentielles, le Radhi ne s’en est toujours pas remis et cela se répercute aujourd’hui sur sa gestion et son avenir. Initialement prévu le dimanche 23 octobre, le congrès du parti a été reporté à une date ultérieure. Certains souhaitent qu’il ait lieu avant la fin de l’année tandis que d’autres le renvoient à mai 2017. La divergence ne s’arrête pas là, loin s’en faut. En effet, si officiellement, la coalition du Radhi avec l’Updc, née lors des dernières élections, tient toujours malgré la défaite, dans les faits cette alliance n’est pas vue d’un très bon œil par des responsables de la formation politique.

«Depuis l’entrée du Radhi dans le gouvernement jusqu’à la coalition avec l’Updc aux dernières élections, il y règne un sentiment d’incompréhension entre les dirigeants, d’absence de confiance quant à la volonté de servir le parti», explique l’ancien directeur exécutif national du Fonds d’appui au développement communautaire (Fadc), Mihidhoir Sagaf, un des membres fondateurs de la formation politique et secrétaire national dudit parti.

Pour lui, le bilan «de cette coalition est très négatif». Le président du parti, Abidhar Abdallah, essaie de dédramatiser la situation : «Aujourd’hui il y a une divergence d’opinions, mais c’est cela la force du Radhi. Je reste confiant que les hauts cadres de notre parti finiront comme toujours par trouver une solution commune pour l’intérêt du Radhi», dit-il. 

Rien ne va plus

L’ancien ministre de la défense, Ali Abdallah, préfère, lui aussi, parler de «débats d’idées normales dans tout parti politique». Selon lui, pas de raison «d’abandonner l’Updc car de facto nous sommes dans l’opposition». Pour l’heure, «nous sommes dans une phase de sensibilisation sur le plan national afin de nous préparer pour le congrès», déclare-t-il.

En attendant, le «bureau en place doit gérer les affaires courantes et ne surtout pas nous engager dans une voie comme dans une autre», affirme une source qui a requis l’anonymat. Une situation qui laisse penser que toutes les blessures ne sont pas guéries. «Nous autres avions cru qu’en faisant le bilan de cette période d’activités politiques intenses et qu’en tenant des séances de critiques et d’autocritiques, on allait pouvoir panser toutes ces blessures. Malheureusement ce n’est pas le cas», dixit Mihidhoir Sagaf.

Comme un symbole de ce mauvais temps, le poste de secrétaire général de Houmed Msaidié est aujourd’hui remis en cause. «Le Sg ne peut plus reprendre cette fonction après avoir participé pendant plus de six mois dans un gouvernement de coalition, il lui faut la confiance des partisans. S’il veut le poste, rien ne l’empêche de se représenter». Mais là encore Abidhar Abdallah est catégorique : «le secrétaire général du parti c’est Houmed Msaidié». Ambiance.  
  
Pouvoir ou opposition ? 

Mihidhoir Sagaf dresse un constat alarmant de ce que fut la coalition Radhi-Updc. «Il n’y a pas eu de fruits dans le partenariat entre le parti Radhi et l’Updc. Le bureau politique a toujours été écarté des négociations, n’a jamais été concerté sur les conditions de ralliement avec Ikililou Dhoinine et l’Updc». De là, à dire que cette alliance n’a servi que Houmed Msaidié, il n’y a qu’un pas que certains hésitent jusqu’ici à franchir.

Dans le même temps, les pro-Msaidié rappellent les différents postes occupés par «ceux-là mêmes qui se positionnent aujourd’hui en victimes». Rien que ça. La ligne de lecture du bilan de cette alliance n’est donc pas la même pour tous. L’avenir est aussi parsemé de divergence au sein du Radhi. Abodo Soefo s’est dit disposé à travailler avec Azali si ce dernier fait appel à lui.

Mihidhoir Sagaf est dans cette lignée. Ce qui n’est pas le cas de Houmed Msaidié qui, dans un entretien avec Al-watwan, avait déclaré qu’il était encore tôt pour étudier un tel scénario. «Notre objectif est d’aider, de l’intérieur ou l’extérieur, le gouvernement en place dans le développement du pays», affirme Mihidhoir Sagaf. 

Trahison et mensonge 

Travailler avec le Juwa, si le Radhi rejoint le pouvoir, n’est pas non plus un souci pour Mihidhoir Sagaf. «Nous ne sommes pas contre des noms, mais contre des idées pour un idéal auquel nous croyons. Cela ne nous empêche pas de nous asseoir autour de la même table que le Juwa pour l’intérêt du pays». Et si entrée au pouvoir il y a, le Radhi «ne disparaitra pas. Comme moi, Abodo Soefo veut un bureau politique légitime et un secrétaire général légitime.

Cela passe par l’organisation du congrès, notamment pour faire le bilan et voir ce qu’il faut faire en vue de l’avenir mais le parti lui survivra». Interrogé sur le poste de ministre qui lui avait été promis sous Ikililou et finalement attribué à Msaidié, Mihidhoir Sagaf a répondu que «les décisions du parti n’étaient pas respectées. Initialement, il y avait deux noms pour le poste de ministre de l’Intérieur : Mdjomba Moussa et moi, mais la suite vous la connaissez.

Pour l’intérêt du parti, nous devons avoir des discussions démocratiques. Le Radhi n’est pas à une personne spécifique, c’est la majorité qui décide». Faux, rétorque le président du Radhi, «les deux secrétaires régionaux de Mwali et Ndzuani avaient choisi Houmed Msaidié, et le parti a finalement porté son choix sur lui.» Radhi, le début de la fin ?

Alwatwan 

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