Roukayat retrouvée morte : Un cas de non-assistance à personne en danger

Cinq jours après sa disparition, Roukayat, la fillette de trois ans déclarée disparue a été retrouvée sans vie le jeudi 30 juin vers 18 heures 30 aux abords de ‘’Dziya la harusi’’ à la rivière de Mutsamudu, à quelques centaines de mètres de la résidence familiale, à Hombo. La fillette serait assassinée et déposée sur le bord de cette rivière pour faire croire à une chute du haut des alentours de sa résidence, alors que depuis sa disparition le samedi 25 juin, la famille a été sur ces lieux pour des recherches vaines.

L’état de décomposition de son corps laisse présager que la fillette est morte vers le mardi 28 juin. Roukayat a subi des tortures et présentait des hématomes au niveau de la tête et sur le dos, ce qui met en évidence l’hypothèse d’un meurtre. Mais qui peut être ce meurtrier ?  Et que voulait ce monstre ?

Faisons un rétrospectif de la situation. Vers 17 heures du samedi 25 juin, la fillette se trouvait devant chez elle et deux jeunes garçons l’ont vue et ont apprécié sa beauté, selon un témoignage. Quelques minutes plus tard, la fillette disparait. Les recherches sont entreprises par la famille dès l’instant qu’elle a constaté les faits, mais en vain. Pendant que la famille, déjà endeuillée, il y a quelques jours, courrait de droite à gauche sans rompre le jeûne du ramadan, ceux qui sont sensés assurer la sécurité des citoyens, mangeaient et dormaient tranquillement chez eux comme si de rien était. Qu’une Roukayat disparaisse, ce n’était pas leur affaire.

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Malgré les nombreux appels aux secours, certaines personnes n’ont fait que choquer la famille par leurs réponses. ‘’Nous sommes en week end’’ alors que celles-ci sont payées pour assurer la sécurité de la population. Pour d’autre encore, ‘’il fait nuit, attendons jusqu’au matin’’.

A cette deuxième réponse venant d’une haute autorité de l’île, quelle aurait été sa réaction si c’était sa fille qui était kidnappée ? Est-ce que cette personne aurait eu le courage et le cœur de rentrer chez elle et dormir tranquillement pendant que sa fille est entrain de mourir quelque part ?

Ce n’est que quatre jours plus tard qu’une autre autorité de l’île se déplace pour s’enquérir des nouvelles de Roukayat. Un père d’enfants et surtout responsable de la sécurité intérieure de l’île. Ce qui laisse comprendre que peu importe le danger que court la fillette, d’autres priorités, évidemment, priment à Dar-Nadjah. N’est-ce là une non-assistance à personne en danger ? Y a-t-il des lois dans ce pays pour punir les coupables de ce genre de délit ? Est-ce que la justice dans ce pays peut en tenir compte ou bien la loi est faite pour être appliquée ‘’aux autres’’ ?

Ce qui est malheureux, même les seules pistes qui pourraient conduire aux recherches et enquêtes, n’ont pas été prises en considération. N’est-ce pas là aussi une négligence ? Et pourtant, une vie était réellement en danger. Cette vie n’existe malheureusement plus, celle de la petite Roukayat, partie pour toujours.

Les deux garçons soupçonnés pour enlèvement et séquestration, sont relâchés quelques heures après être écoutés et pourtant entre leur passage et appréciation à la fille et la disparition de cette dernière, le décalage n’a été que de quelques minutes seulement. Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’enquêtes approfondies ?

Le mercredi 29 juin, les rumeurs ont circulé sur le fait que l’enfant était toujours dans le quartier et surtout dans le voisinage. Malheureusement, l’information n’a pas retenu l’attention des hommes de la sécurité, voulant savoir, avant de débarquer, dans quelle maison se trouve l’enfant. C’est comme si ce travail n’était pas le leur et comme si la famille aurait attendu leur intervention si elle savait exactement où la fillette se trouvait. N’est ce pas encore là aussi une négligence de la part des hommes de la sécurité ? Aujourd’hui on parle d’enquête pour retrouver le meurtrier. Est-ce important par rapport à la survie de Roukayat ? Surtout connaissant les problèmes judiciaires que vivent les comoriens, même si on retrouve ce meurtrier, sera-t-il jugé ? Combien de temps passera-t-il en prison ? Une semaine, un mois, une année ? alors qu’on a arraché l’âme de cette petite ange et endeuillé sa famille.

Pendant que l’affaire Roukayat surgit, des rumeurs circulaient sur l’existence d’un réseau de trafic d’enfants qui se vendent à Mayotte au prix de 1000 euros l’enfant. Et malgré ces informations, aucune enquête n’est diligentée, ni aucun dispositif de sécurisation n’est mis en œuvre et ni aucune autorité ne s’en inquiète alors que des bateaux quittent le port régulièrement vers les autres îles et des kwassa se déplacent clandestinement presque tous les jours vers Mayotte.

Aujourd’hui c’est Roukayat qui était repérée, peut-être pour être vendue à Mayotte ou ailleurs, demain ça sera un autre enfant et personne ne sait quelle sera la prochaine cible. Sur ce, des questions se posent, où se trouvent donc nos autorités qui critiquaient les autres hier et qu’on attend à ce qu’elles fassent mieux ? En tout cas, les familles anjouanaises veulent se sentir en sécurité et ne sont pas d’accord à la non-assistance à personne en danger ni à la négligence par rapport à leur protection.

A Roukayat, que ton âme repose en paix au Paradis.

Ramoulati Ben Ali

2 commentaires sur Roukayat retrouvée morte : Un cas de non-assistance à personne en danger

  1. Paix à son âme …
    Ils peuvent s’accorder à croire pouvoir échapper à la justice mondaine , mais Allah l’omniscient et l’omniprésent les attend dans son royaume .

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