Said Bourhane, président de l’Udc : «La baisse des droits d’inscription n’affectera pas le fonctionnement de l’université»

«L’une des difficultés que nous rencontrons, c’est la non-délivrance de diplômes aux étudiants. Nous nous préparons à organiser une grande cérémonie au cours de laquelle l’ensemble des étudiants, toutes promotions confondues,  recevront leurs parchemins. (…) Il y a aussi le problème du plan stratégique de l’université qui a pris fin en 2015. Nous devons donc en élaborer un autre, valable pour les dix prochaines années», a déclaré le président de l’Udc, Said Bourhane. Interview.

Par Propos recueillis par Ali Abdou  

M. le président, quelques semaines après la rentrée des étudiants, quel constat dressez-vous de ce début de l’année universitaire?

La rentrée universitaire 2016-2017 a débuté le 1er septembre pour les enseignants, le 19 pour les étudiants de deuxième et troisième année, le 26 pour ceux de première année des facultés et le 4 octobre pour les instituts et les écoles. Il y a eu un décalage par rapport au calendrier du ministre de l’Education, les résultats des concours ayant accusé quelques retards.

Mais, nous pouvons dire que la rentrée est désormais effective sur l’ensemble des sites de l’Université des Comores. A partir du 31 octobre, après la fermeture des guichets (pour le paiement des droits d’inscription, Ndlr), nous connaitrons l’effectif exact des étudiants pour l’année académique en cours. C’est en ce moment-là que nous saurons si la capacité d’accueil est suffisante ou s’il faudra augmenter nos salles.

L’année dernière, l’on comptait 9. 473 étudiants ; ce chiffre va sûrement augmenter. Puisque, rien qu’à Ndzuani, le taux de réussite au baccalauréat a doublé et les préinscrits sont de 3 400. Or, l’année dernière, ils n’étaient que 2400. Je suis confiant que si ce problème de capacité d’accueil venait à se poser, le gouvernement nous assistera pour trouver une solution.

 

En attendant la clôture des inscriptions, ce problème de capacité d’accueil se pose déjà sur le site de Mvuni. De nombreux étudiants sont obligés de se mettre débout pour suivre les cours. Quelles sont les dispositions que vous envisagez de prendre pour remédier à cette situation ?

Il reste 18 jours (l’interview a été réalisée le mercredi) avant la fermeture des listes et avoir un chiffre exact. Nous ne pouvons donc pas saisir le gouvernement sans connaitre au préalable les besoins réels de l’université.

Il se pourrait que la moitié des étudiants inscrits aujourd’hui à l’université partent à l’extérieur. Mais si d’ici à la fin du mois d’octobre, le problème se pose, on essayera de trouver des bâtiments, en attendant la fin des travaux de construction des nouveaux bâtiments de l’université. Pour l’instant, je ne reconnais pas l’urgence avant de connaitre le chiffre exact des étudiants inscrits à l’université.

Depuis votre élection à la tête de l’Udc, il y a à peine plus d’un an, quels sont les problèmes majeurs que vous avez jusqu’ici rencontrés?

Rien ne m’a surpris. Puisque avant de devenir président de l’université, j’en étais le vice-président. Donc, je connais tous les dossiers et les difficultés de l’établissement. On a pu ensemble trouver des solutions à certains problèmes, d’autres pas encore et on y réfléchit. Comme le problème de la gouvernance de l’université. L’Udc a été créée par une ordonnance.

Il n’y avait pas encore de loi destinée à l’enseignement supérieur, ni de statut. C’est en 2014 que cette loi a été votée. Il a fallu mettre en place tous les organes prévus par le texte pour assurer le bon fonctionnement de l’université, comme le conseil d’administration, le conseil scientifique, etc. 

L’une des difficultés que nous rencontrons, c’est la non-délivrance de diplômes aux étudiants. Nous nous préparons à organiser une grande cérémonie au cours de laquelle l’ensemble des étudiants, toutes promotions confondues,  recevront leurs parchemins.

L’arrêté a été rendu public depuis 2014. Maintenant, nous sommes dans la dernière phase. Il y a aussi le problème du plan stratégique de l’université qui a pris fin en 2015, juste après mon élection. Nous devons donc élaborer un autre plan stratégique valable pour une période de dix ans.

Avec la baisse des droits d’inscriptions, le budget de l’université s’en trouve automatiquement réduit. Où allez-vous retrouver ce manque à gagner ?

Ce n’est pas la première fois que les droits sont revus à la baisse à l’université. A l’ouverture de l’université en 2002, le droit était de 75 000 fc contre 60 000 en 2010 pour la première année. A l’université, ce n’est pas nous qui fixons le droit d’inscription.

C’est une université publique. C’est donc l’Etat qui fixe le montant des inscriptions. A l’université, nous proposons le budget annuel au gouvernement et c’est à ce dernier de l’insérer dans la loi budgétaire de l’Etat. Pour nous, l’augmentation ou la baisse de ces droits ne nous affecte pas.

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Beaucoup de Comoriens constatent que l’enseignement dispensé à l’Université des Comores ne correspond pas aux besoins du pays. On vous reproche donc de former des chômeurs. Que répondez-vous à ses inquiétudes ?

Ce que les gens pensent n’est pas la réalité. Le pays a besoin de toutes les filières. Récemment, nous avons lancé un appel à candidature pour des enseignants de français et nous n’avons reçu aucun candidat. Pourtant, on nous reproche de former des littéraires. Actuellement, nous avons deux catégories d’étudiants : ceux qui souhaitent être formés pour une durée de deux ans et qui suivent les formations techniques et professionnelles. 

Puis, ceux de l’enseignement général, qui souhaitent devenir des cadres supérieurs. (…). Maintenant, nous comptons ouvrir une école normale supérieure pour former des enseignants. Nous essayons de montrer le chemin aux jeunes en leur apprenant les fondamentaux, libre à eux de poursuivre leur parcours. Le gouvernement a l’ambition d’orienter le nouveau plan stratégique de façon à équilibrer les littéraires et les scientifiques. 

(…). Ce travail ne relève pas de l’université, mais de notre système éducatif, d’une manière générale. 

Vous disposez d’un département de recherche à l’université, mais on a la nette impression qu’il ne répond pas aux préoccupations du pays. Que répondez-vous ? 

La plupart des enseignants de l’université participent aux plus grandes rencontres internationales, mais pas au nom de l’Université des Comores. Maintenant, nous sommes en train d’organiser la recherche, de mettre en place une structure permanente pour que chaque enseignant honorant un rendez-vous à l’extérieur, puisse se présenter avec le logo et le label de l’Université des Comores.

Depuis votre élection à la tête de l’Université des Comores, quels sont les nouveaux accords de partenariat que vous avez conclus au niveau régional ou international?

Le plus important n’est pas de multiplier les accords de coopération, mais les résultats de ces accords. Nous essayons d’entretenir et de renforcer les relations déjà établies avec nos partenaires, en même temps de rechercher d’autres accords. Nous en avons déjà avec l’université de Zanzibar, des universités italiennes et françaises ainsi que l’université de Médine. Avec la Chine aussi, la coopération universitaire est au beau fixe. 

Alwatwan 

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