Salami tenterait-t-il de corrompre des élus ?

Les trois conseillers de l'opposition en conference de presse à Moroni
Le conseiller Rakib Ahmed
Le conseiller Rakib Ahmed

Trois jours seulement après sa déclaration sur les ondes de RTN, d’avoir rejoint le camp de Juwa au conseil de l’île d’Anjouan,  Abdoul’Karim Youssouf Bacar conseiller de l’opposition de la 33eme circonscription est revenu sur sa décision. Il a regagné son camp, l’opposition et s’est justifié dans une conférence de presse tenue à Moroni ce samedi matin au Select de Moroni.  « Dar Nadjah achète les consciences et je me devait  d’avoir le cœur net. Je n’ai jamais quitté mon camp. » Nous a déclaré au téléphone ce dimanche Abdoul’Karim Youssouf.

Le 22 mars lors de son édition du soir, RTN rend public une déclaration enregistrée à Dar Nadjah et animée par le directeur de la communication du gouvernorat annonçant la défection du conseiller UPDC de la 33em circonscription Koni-Bambao M’tsanga. Dans sa déclaration, Abdoul’Karim Youssouf a expliqué ses motivations. « L’éviction d’Heridine Soula par la cour constitutionnelle prive le conseil d’un camp majoritaire et cela compromet son bon fonctionnement. » avait-t-il déclaré. Il avait même appelé ses collègues de l’opposition de faire la même chose afin d’éviter le disfonctionnement du conseil.

Le conseil qui comptait 19 élus dont 10 de Juwa et 9 de l’opposition essentiellement pro UPDC, l’éviction d’Heridine et l’attente d’un scrutin partiel pour remplacer le remplacer, Juwa avait perdu sa main mise sur le conseil. L’opposition et Juwa se retrouvent à conseillers égaux (9/9).

Un cas qui entretenait une logique de blocage à Juwa qui n’arrivait pas à faire passer ses projets de loi et son budget insulaire au conseil.

La défection d’Abdoul’Karim Youssouf Bacar sonnait pour Juwa comme une récupération de cette majorité perdue et l’annonce tournait depuis le 22 mars en boucle dans les réseaux d’information proches de Dar Nadjah.

La riposte du camp d’en face, ne s’est pas fait attendre. Le samedi 25 mars pendant que le gouverneur Salami Abdou commémore place M’zingaju la libération d’Anjouan, une délégation de l’opposition au conseil composée de Rakib Ahmed Abdallah, Said Omar Sidi et le même Abdoul’Karim Youssouf, organisent au Select de Moroni une conférence de presse pour s’exprimer sur cette affaire.

Selon le conseiller Rakib Ahmed Abdallah joint au téléphone samedi vers midi par Comores Infos, « il n’y a pas eu de défection. Ça fait un bon moment que Dar Nadjah essaie de débaucher des élus de l’opposition sans succès pour se créer une nouvelle majorité et Abdoul’Karim Youssouf avait pour mission de tester jusqu’où le gouvernorat est-il prêt. Et nous avons les preuves que l’achat des consciences à Dar Nadjah est une réalité. Il a rencontré le gouverneur en personne et il lui a fait des offres qui sortent de l’entendement. Le gouverneur lui a lui-même obligé de faire cette déclaration du 22 mars pour prouver sa sincérité. » Nous déclare le conseiller Rakib Rakib Ahmed.

Une source proche de Dar Nadjah sous le sceau de l’anonymat, on affirme pourtant que cela fait plusieurs semaines depuis qu’Abdoul’Karim courtisait Dar Nadjah et finalement, le mardi 22 mars, un accord verbal est scellé, entre lui et le gouverneur. « Pas sur tous les points mais sur un seul. Abdoul’Karim Youssouf est criblé de dettes dans plusieurs banques communautaires et il s’est rendu de lui-même voir le gouverneur pour lui demander une aide financière en échange de son revirement. Ce que le gouverneur ne l’a pas fait. Il lui a simplement promis de plaider en sa faveur auprès des conseillers Juwa pour qu’il soit désigné pour remplacer Heridine Soula à l’assemblée nationale. »

Abdoul’Karim Youssouf quant à lui est clair. « Si j’ai fait une telle déclaration à la radio, c’est qu’il y avait un sujet que le gouverneur voulait m’en parler mais la condition était que je m’exprime d’abord à la radio. D’ailleurs c’est lui-même qui a appelé son directeur de communication M’doukouwa pour venir enregistrer cette déclaration ».

Pour Rakib la sincérité d’Abdoul’Karim n’est pas à douter. « Le jour où Salami l’a contacté, il nous a tous informé. Moi-même j’ai subi les mêmes pressions mais j’ai décliné l’offre.» La grosse prise que Dar Nadjah croyait avoir fait dans les eaux troubles de l’opposition, finit en pugilat verbal entre Juwa et l’opposition, qui s’accusent mutuellement de tous les maux qui rongent le bon fonctionnement de l’institution locale.

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*