Sambi, l’éternel trahi 

Le Président de l’Union des Comores vient de nommer son deuxième gouvernement depuis son accession au pouvoir le 26 mai 2016. Ce nouveau gouvernement est marqué par la mise à l’ écart des représentants du  parti Juwa. Décidément, l’ancien Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, président d’ honneur du parti Juwa, n’a pas de chance  avec ses alliés et soutiens politiques. Il vient encore une fois d’être «  trahi » par un Président, élu grâce à son implication personnelle à la campagne électorale. Encore une fois, celui qui a toujours déclaré être « trahi et mal servi »  vient de recevoir un carton rouge de la part de son allié circonstanciel, dont la trahison était prévisible et planifiée, le colonel Azali Assoumani.
 
Le prédécesseur du Colonel Azali Assoumani, Ikililou Dhoinine avait fait la même chose en lâchant son ancien mentor deux ans après son accession au pouvoir. Auparavant, son ancien Directeur de cabinet qu’il avait fait  élire gouverneur à la Grande Comore en 2007 Mohamed Abdoulawahab s’était écarté de lui. Les anciens gouverneurs des iles autonomes de Ndzuwani, Moussa Toyb et  Anissi Chamisdinne, élus eux aussi grâce a ses soutiens, se sont détournés, eux aussi de leur mentor.
 
L’actuel Ministre de l’intérieur, Mohamed Daoudou, devenu le fossoyeur du parti Juwa, fut un ancien  et puissant Directeur Général des douanes durant le règne de Sambi. Il  incarnait à lui seul, l’arrogance, l’opulence de l’argent facile, le non-respect des règles élémentaires de droit. Lui aussi, il s’est détourné de l’ancien Président Sambi. L’un de ses fidèles, Dr Sounhadj Attoumane, actuel Conseiller du Chef de l’état en charge de la Santé a aussi tourné le dos à celui qui l’avait nommé Ministre de la santé durant son règne et il est entrain de siphonner le parti       qu’il a contribué à sa création. Son ancien Ministre des Relations Extérieures, Ahmed Djaffar lui a tourné le dos, lors de la dernière élection présidentielle de 2016. La liste des trahisons est longue et risque de s’allonger avec la volonté de l’actuel Chef de l’Etat de reformer la constitution du 23 décembre 2001.
 
Pourquoi l’ancien Président Sambi est-il toujours «  trahi » par les siens ? A-t-il la poisse ou est-il si orgueilleux qu’il n’accepte pas d’être tout simplement un «  ancien Président de l’Union »? Cette énième trahison du président Azali Assoumani, risque d’affecter le prévisions de Sambi portant sur son éventuel retour au pouvoir en 2021. Elle risque surtout de mettre en mauvaise posture, l’actuel gouverneur de l’ile autonome de Ndzuwani, un de ses derniers fidèles, Salami Abdou, qui devrait choisir très rapidement entre un pouvoir de l’union qui le finance et un «  guide » qui l’inspire.

Comores droit 

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