Sambi officialise son divorce avec Ikililou

comores-blog-sambi-prisonnier-de-son-orgueilAu cours d’une rencontre aux allures d’un meeting politique, tenue ce samedi à Moroni, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi a officialisé son divorce avec son protégé, Dr Ikililou. Cette rupture qui est restée jusqu’ici un secret de polichinelle éclate au grand jour. L’ancien président dit ne plus se reconnaitre de près ou de loin dans l’actuel pouvoir. A l’extérieur où il passe la plupart de son temps, il dit négocier pour l’intérêt des « citoyens comoriens » et demande un bilan pour la tournante.

«Je n’ai personne dans ce gouvernement parce que mes proches ont été écartés ». Il suffit de cette phrase courte mais qui résume tout, pour faire voler en éclat l’illusion entretenue sur une harmonie supposée parfaite entre Ikililou et Sambi. Non seulement ses proches sont évincés, mais il apprend les nouvelles du pays par le canal des « journaux comme tout le monde. Des fois par des amis étrangers », a-t-il regretté. L’ancien président digère mal cette rupture et pointe du doigt ceux qui l’ont trahi aujourd’hui et joue sur la corde du patriotisme. Il n’hésite pas à qualifier de machiavéliques, les politiciens qui « croient que la politique n’est que mensonge et tromperie ».

Tout au long de son intervention, Sambi n’avait pas fait l’ombre d’un doute sur son intention d’un retour aux affaires. Il s’est contenté de confirmer son statut de dirigeant respecté en dévoilant au public venu nombreux, son carnet d’adresses, mais aussi son agenda chargé qu’il a amené à rencontrer les chefs d’Etat tanzanien, turque, iranien et l’Emir du Qatar. Celui qui dit ressentir l’amour que les « comoriens portent toujours sur lui », entend peser de tout son poids tant à l’extérieur du pays que dans la politique intérieure. « Si vous entendez que je suis à l’extérieur, ce n’est que pour votre intérêt et je n’ai de compte à rendre à personne, sauf vous, citoyens comoriens », martèle-t-il sous les applaudissements.

Dans cette rencontre où ceux qui s’attendaient à des révélations sont repartis déçus, ce religieux reconverti à la politique s’interroge sur l’actuelle constitution et appelle à des assises pour établir le bilan de la présidence tournante entre les îles. Et au cas où « elle ne nous servirait plus, qu’on l’abolisse tout de suite », a-t-il clamé.

Et fidèle à lui-même, Sambi annonce des grands chantiers. En filigrane, il évoque l’exploration du gaz et du pétrole « en quantité plus importante que celle du Qatar ». Dors et déjà, il entre en contact avec un éminent géologue égyptien, l’informateur de cette bonne nouvelle. Et l’ancien président de recommander au peuple de se prépare moralement, socialement et politiquement à cette richesse qui ferait bientôt du pays un « donateur et non plus l’éternel quémandeur ».

Maoulida Mbaé  HZK-presse

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