Situation toujours chaotique à El-Maarouf

Deux mois après le mouvement de contestation qui avait paralysé l’hôpital dit de référence El-Maarouf à Moroni, la situation reste encore et toujours chaotique. Pour rappel, ce mouvement a été enclenché pour protester contre le manque d’eau et d’électricité, les ordures qui s’amoncelaient et la vétusté des toilettes. L’eau est encore une denrée rare dans l’établissement, les toilettes toujours aussi sales malgré les promesses faites, la propreté restant un vœu pieux et les ordures, le talon d’Achille des autorités…

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« Les promesses n’ont pas été tenues », lâche un employé d’El-Maarouf. En tout cas, elles n’ont jamais engagé que ceux qui les croient. « Nous avions exigé des toilettes pour les urgences mais hélas, la parole donnée n’a aucune espèce de valeur », a-t-il ajouté.

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Pour les toilettes, c’est un vrai casse-tête, du moins pour les patients. « Je suis hospitalisé depuis 20 jours dans le service médecine B ; j’avoue que les toilettes demeurent un problème de tous les instants », témoigne Bacar Djamal, un conducteur de camion.
« Evidemment, il n’y a pas d’eau courante et nous devons aller puiser l’eau dans les citernes situées là-bas, près du pavillon BK », a-t-il ajouté avant de regretter la grande proximité qui interdit toute intimité.
Une petite visite auxdites toilettes pour vérifier ces dires. Elles sont cadenassées. Un autre patient précise sous le sceau du secret : « les patients doivent attendre que le gardien soit là pour pouvoir aller aux toilettes ». Mais pour que le gardien laisse entrer quiconque, il faut qu’il soit muni de son bidon d’eau.
Assis sur un banc, patients et garde-malades discutent sur la vétusté de l’hôpital. Mais tous s’accordent à dire que le plus grand mal de l’hôpital, c’est le manque d’eau, « au moins, l’électricité est plus ou moins régulièrement fournie »…
Vers la partie nord de l’hôpital, là où s’entassaient les ordures il y a deux mois, tout près « de la cuisine » réservée aux garde-malades, c’est sans réelle surprise que nous constatons leur réapparition. Mais, il ne s’agit pas du seul dépôt. En effet, un homme jouant les guides bénévoles nous propose d’aller nous montrer des immondices qu’on cherche à soustraire des regards curieux. Des tôles ont été érigées à l’intérieur desquelles pullulent des sacs remplis de déchets toxiques.
Quant au service des urgences, les toilettes promises se font toujours attendre. Les patients ont le choix entre le vase ou les buissons, celles existant étant impraticables et régulièrement bouchées à en croire le message écrit au feutre rouge sur le réservoir des toilettes.
Un autre mouvement de grève est annoncé pour les jours à venir. En cause cette fois, les contractuels qui accumuleraient plus de 6 mois d’arriérés de salaire. Mais tout cela n’est pas l’affaire des plus hautes autorités du pays.
Faïza Soulé Youssouf/LGDC

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