Tunisie : une quarantaine de détenus sont toujours en grève de la faim

Mohamed Bakhti, figure du mouvement salafiste tunisien, mort le 17 novembre, après cinquante-sept jours de grève de la faim. Ici, le 8 décembre 2011.

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Au moins une quarantaine de détenus salafistes étaient toujours en grève de la faim lundi 26 novembre, a indiqué le ministère de la justice, quelques heures après qu’il eut annoncé par « erreur » l’arrêt de ce mouvement de contestation qui a déjà fait deux morts.

« Après vérification, uniquement une partie des grévistes ont arrêté. On n’a pas de nombre fixe, car ça varie tout le temps », a déclaré Fadhel Saihi, un haut responsable du ministère, assurant s’être « trompé » lorsqu’il a annoncé la fin, dimanche, de ce mouvement de contestation.

DÉNONCER LE PLACEMENT EN DÉTENTION PRÉVENTIVE

Environ cent vingt islamistes radicaux, selon les autorités, et plus de deux cents d’après leurs avocats, avaient cessé de s’alimenter pour dénoncer leur placement en détention préventive dans le cadre d’enquêtes sur des vagues de violences en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011. La plupart d’entre eux ont commencé leur grève de la faim après la mort à la mi-novembre de deux militants salafistes qui avaient passé deux mois sans s’alimenter.

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« Ce sont des prisonniers d’opinion, pas des prisonniers de droit commun, qui sont les victimes d’une politique d’assassinat de leurs idées, ce qui ne fait que renforcer leurs conviction », a déclaré l’avocat Abdelbasset Ben Mbarek, à l’antenne de la radio Mosaïque FM.

Plus de la moitié des salafistes détenus sont soupçonnés d’avoir participé à l’attaque contre l’ambassade des Etats-Unis le 14 septembre, à Tunis. Le gouvernement tunisien, dirigé par les islamistes modérés d’Ennahda, est accusé par l’opposition et une partie de la société civile de laxisme voire de complaisance vis-à-vis des groupuscules radicaux prônant la violence.

Lire (édition abonnés) : Tunis sous la pression des détenus salafistes

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