Un Président minoritaire !

Lors de l’élection présidentielle d’avril 2016, le candidat arrivé en tête lors de ce scrutin, l’actuel Président de l’Union des Comores, Azali Assoumani, a été mal élu avec seulement  41,43% des voix.  Lors des primaires de cette élection présidentielle dans l’ile de la Grande Comore du 21 février 2016, le candidat Azali Assoumani était arrivé en troisième position en obtenant 15, 10% des voix, derrière les candidats Mohamed Ali Soilih (17,88%), Mouigni Baraka (15,62%). Fahmi Said Ibrahim le candidat indépendant qui était soutenu par le parti Juwa, second parti parti politique du pays en termes de nombres d’élus au niveau du parlement de l’Union, des conseils des iles et des conseils communaux était éliminé in extremis en obtenant près de 14,86 %. Ainsi, les trois candidats admis à l’élection présidentielle ont chacun  obtenu individuellement moins de 18 % des suffrages exprimés à la Grande Comore, un sinistre record depuis la tenue de la première primaire de l’élection présidentielle de l’union des Comores du mois de mars 2002.
 
Ala veille de la tenue de l’élection présidentielle du 10 avril 2016, une alliance entre deux anciens  Présidents de l’Union des Comores avait vu  le jourle 1er avril 2016 à Voidjou en Grande Comore entre les anciens Présidents Azali Assoumani et Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, Président d’ honneur du parti Juwa. Cette alliance inédite entre deux ennemis intimes de la vie politique du pays a permis l’élection du candidat  Azali Assoumani à la magistrature suprême à  l’issue d’un scrutin marqué par le faible enrôlement de la population, dans les listes électorales. En effet, l’opération de bio métrisation des listes électorales a abouti au recensement de près de 301 000 lectures personnes sur les 400 000 personnes attendue, soit un écart de plus de 100 000 électeurs qui n’ont pas été recensés. En outre, le tiers des cartes électorales établies avec beaucoup de retard, n’a pas été distribué. Des milliers de cartes électorales non distribuées ont été visibles dans la plupart des bureaux de vote lors du double scrutin de l’année dernière. Ainsi,  une minorité de la population a voté pour la majorité des électeurs qui n’était pas recensée ou ne disposait pas de cartes d’électeurs. 
 
Pour la première fois depuis l’installation des nouvelle institutions issues de la connstition du 23 décembre 2001, un Président de l’Union a obtenu mois de 50 % des suffrages exprimés. Il est sans majorité à l’Assemblée de l’Union. En rompant l’alliance nouée avec le deuxième parti politique du pays et en choisissant de renforcer l’emprise de son propre parti politique, la CRC, dans le nouveau gouvernement qu’il a mis en place le 17 juillet 2017, le PrésidentAzali Assoumani n’élargit pas sa base électorale. Au contraire, il devient de plus en plus minoritaire dans le pays.
 
Ainsi, le Président Azali Assoumani est minoritaire à l’Assemblée et dans le pays. Comme en 2004, il règne sans majorité à l’Assemblée de l’Union. Ce qui démontre encore une fois les limites de nos institutions et renforce le désintérêt croissant de lapolitique par la population.

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