Qatar-Comores: Une rupture diplomatique qui dessert encore Anjouan 

La rupture diplomatique avec le Qatar décidée par Azali continue de faire couler de l’encre et de révulser la conscience  de nombreux Comoriens.

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Pour nous, elle est révélatrice de la façon dont l’esprit de nos institutions est dénaturé au point que des décisions puissent être prises par l’exécutif de l’Union, mettant à mal les intérêts de l’une ou l’autre des îles autonomes.
En l’occurrence, cette rupture brutale autant qu’insensée dessert l’île d’Anjouan en anéantissant purement et simplement  une réalisation dont elle a cruellement besoin, la construction de l’hôpital de Hombo financé par les Qatari.
Sinon dites-moi le rôle des vice-présidents élus dans chaque île pour faire équipe avec le président : pourquoi avoir instauré des vice-présidents et non pas simplement des ministres ?
Tout bonnement parce que ces élus des îles devaient faire partie intégrante de l’exécutif de l’Union et composer avec le président, une direction collégiale : il était question de s’assurer qu’à chaque moment de la vie de l’Union, aucune entité autonome ne soit lésée par les décisions prises au niveau central.
La constitution de ce Nouvel ensemble comorien était ainsi conçue pour assurer l’égalité, l’équité et la justice entre ses composantes ; elle s’était dotée de multiples verrous pour empêcher la dérive du pouvoir de l’Union, comme c’est le cas du pouvoir d’Azali qui a fait des vice-présidents de simples godillots et des colifichets dont on ne sait plus l’utilité.

Mais en fait, le problème fondamental de notre constitution c’est qu’elle n’est pas issue d’un diagnostic réellement partagé entre Anjouan et Mohéli d’une part et la Grande-Comore d’autre part : beaucoup de Grand-Comoriens, wangazidja et assimilés, considèrent cette constitution comme imposée par le séparatisme anjouanais et non comme le début de la vraie solution des problèmes des Comores.
En fait, il existe deux conceptions de l’histoire et de la réalité « comorienne » :
Une conception qui s’articule autour des croyances suivantes :
1- Les Comores ont toujours formé un pays unitaire et indivisible

2- Les Comoriens partagent la même histoire, les mêmes coutumes et la même culture

3- Leurs intérêts sont identiques
Cette conception s’oppose fondamentalement à la nôtre qui considère que :
1- Les Comores n’ont pas toujours formé un seul pays : deux états distincts au moins ont coexisté dans ce bras du canal de Mozambique, le sultanat d’Anjouan, État unifié et internationalement reconnu et Ngazidja ou Komor parfois unifié mais souvent partagé entre plusieurs roitelets.
2- C’est la colonisation française qui a soumis le sultanat d’Anjouan et a unifié les îles sous l’appellation de territoire des Comores, en 1946, après la séparation  de Madagascar
3- Les populations des « Comores » partagent la même religion mais possèdent souvent des spécificités importantes tant au niveau des coutumes que de la culture (langues, us et coutumes etc.)
Les uns considèrent donc que les « Comores » sont un pays unifié, homogène et qu’il suffit donc d’œuvrer pour la grande-Comore, Ngazidja et Moroni pour  favoriser le progrès et le développement.
Nous,  nous considérons que l’Union des Comores est un État pluriel  formé d’entités distinctes séparées par  la mer, constituées historiquement et pourvues d’intérêts particuliers et spécifiques.
Tant qu’on continuera à maquiller l’histoire et à nier cette réalité,  on ne trouvera jamais les ressources et l’énergie pour créer une vraie unité basée sur l’égalité et la justice.
On continuera à servir le chauvinisme Grand-Comorien comme étant le summum du patriotisme comorien, comme le démontre aujourd’hui le pouvoir Azali, qui n’a cure de ses vice-présidents, des gouverneurs et même de ses alliés  quand ils sont d’Anjouan (le traitre Sambi est en train d’en faire les frais), dans ses prises de décision et les projets de sa pseudo émergence, centrée sur Ngazidja.
Azali, en optant unilatéralement pour la rupture diplomatique avec le Qatar, a choisi la servilité, l’indignité et l’ignominie.
Maintenant « qu’il a mangé le porc, aura t-il le gras  au moins ?»

  

La voix des Anjouanais en colère
 Anli Yachourtu Jaffar

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