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Voici en version écrite l’intégralité de la conférence entre Azali et Macron

22 JUILLET 2019 – SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI

Emmanuel MACRON

Monsieur le président mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs. Je suis très heureux d’accueillir aujourd’hui le président de l’union des Comores, Azali ASSOUMANI à l’occasion de sa visite officielle en France. C’est la troisième visite officielle que vous avez effectué Monsieur le président, et je suis très heureux d’accueillir aujourd’hui à Paris. En effet, nous en avions eu l’occasion le 11 novembre 2018 en marge des commémorations d’échanger plusieurs fois au téléphone, et en marge des sommets internationaux, et je me réjouis d’avoir pu approfondir aujourd’hui ces échanges, et surtout d’avoir pu de manière très concrète avancer grâce à tout le travail qui a été fait par les gouvernements des équipes durant les mois précédents. Les Comores et la France entretiennent une relation ancienne et singulière qui s’incarne dans des liens humains exceptionnels, avec près de 400 000 franco-comoriens établis en France, la diaspora joue en effet un rôle important pour votre économie comme pour notre pays, et je dirai même qu’il y a partie de cette diaspora qui fait partie aujourd’hui de notre représentation nationale comme vous le savez. Et je souhaite ici cher Azali ASSOUMANI rendre hommage au dynamisme, à l’engagement de cette communauté et de ses représentants. 

Nos deux pays sont aussi unis par l’histoire, par la géographie, par ses liens familiaux, humains que nous avions plusieurs fois évoqués. Et cette géographie conduit évidemment à parler de Mayotte et de notre voisinage dans l’Océan indien, et je me félicite que lors du déjeuner autour du ministre des affaires étrangères comme un instant durant la réunion de travail que nous venons d’avoir, les différents élus de Mayotte aient pu être présents et échangé très librement, et je vous en remercie. Ce sujet, nous le savons, de voisinage a pu par le passé être contentieux ; il y a des désaccords qui persistent. Mais il y a une volonté de résoudre ces désaccords sur le plan bilatéral et de trouver des solutions constructives dans le temps. Et je crois que c’est ça véritablement ce que nous avons réussi ces derniers mois à remettre d’aplomb si je puis dire, avec en particulier une volonté, un engagement tenu depuis le mois de novembre dernier, de pouvoir véritablement résoudre le sujet humanitaire le plus important, qui était celui des victimes humaines en mer.

En effet, les mouvements de populations incontrôlés avaient perturbé profondément l’organisation des services publics à Mayotte, et pesaient sur nos concitoyens. C’était accompagné de drames en mer, et je crois que les solutions que vous avez mis en œuvre, que nous avons mis en œuvre, ont permis de répondre à cette difficulté. Tous ces sujets étaient au cœur de nos échanges avec le président Azali, et j’en retiens véritablement une volonté d’œuvrer ensemble et de bâtir un nouveau partenariat ambitieux, pérenne, et respectueux des intérêts de chacun. Nos ministres des Affaires étrangères ont signé aujourd’hui le document cadre de ce partenariat en présence des élus mahorais que je remercie à nouveau pour leur participation constructive à sa négociation. Et ce document cadre formalise nos engagements réciproques dans plusieurs domaines primordiaux  : le développement, avec un programme France-Comores de 150 millions d’euros sur trois ans, qui se traduira par une multiplication par 10 des moyens engagés par l’Agence Française de Développement, et d’autre part la mise en place d’un cadre pour une circulation régulière et maîtrisée des personnes entre les Comores et Mayotte, incluant des actions conjointes contre les trafics d’êtres humains. 

Mais revenons à ce nouveau partenariat en matière de développement. Ce sont plus de 14 nouveaux projets qui sont mis en place autour de quatre priorités : la formation, particulièrement la formation des jeunes et l’insertion, qui est absolument essentielle pour bâtir un avenir, des opportunités aux Comores, un travail en matière d’agriculture en commun, d’environnement, et un très gros travail en matière de santé. Je veux ici remercier Dominique VOYNET pour son engagement et tout le travail qui a été fait à vos côtés pour bâtir une série de projets en la matière, qu’elle poursuivra d’ailleurs par des engagements à venir dans la région, et qui sont pour nous extrêmement important dans le cadre de ce partenariat. Avec le Président AZALI, les ministres, et les élus, nous venons d’avoir une discussion très riche sur la mise en œuvre à venir de ce partenariat, et je souhaite qu’il soit maintenant effectif le plus rapidement possible. 

Nous assurons un suivi étroit de ces engagements dans le cadre du comité franco-comorien de haut niveau, et l’idée d’avoir des échanges de manière régulière, un suivi de manière régulière nous apparaît extrêmement important, et je serai au côté du président pour l’aider aussi au-delà de ce partenariat bilatéral à pouvoir mobiliser ensemble des bailleurs internationaux. Je pense que le président y reviendra dans un instant, mais je veux ici très clairement dire l’engagement de la France à ses côtés pour l’aider sur ce plan et pouvoir apporter notre assistance à cet égard.

Enfin, le Président Azali et moi-même sommes évidemment, nous sommes entendu pour travailler de concert à la promotion des échanges concertées et mutuellement bénéfiques entre nos îles. Je souhaite à cet égard le remercier d’avoir beaucoup d’abord pacifié les choses dans le cadre de l’organisation des jeux des îles de l’océan indien, dont l’édition 2019 vient de s’ouvrir à Maurice. Nous avons tout un travail que nous allons ensemble sur la commission de l’océan indien, et on voit il y a tout un travail conjoint, il y a des désaccords qu’on connaît, mais par le travail que nous avons lancé, je crois que nous allons répondre aux objectifs de part et d’autres, de le faire dans un esprit de vérité, de dialogue, et en se donnant le temps nécessaire, et je considère que les engagements qu’il y a eu de part et d’autre ces derniers mois ont permis de réduire de manière extrêmement importante les tensions, mais surtout d’aboutir à la mise en œuvre de projets concrets signés aujourd’hui et d’une feuille de route conjointe qui me paraît extrêmement importante pour nos populations, et je veux ici le dire tout particulièrement aux mahorais qui, je le sais, ont pu vivre beaucoup de situations de tension ou d’inquiétude ces derniers mois. Ils ont vu des élus qui étaient à leur côté, un gouvernement français qui a œuvré, et qui a œuvré pour apporter des réponses concrètes, et pour le faire dans un esprit de dialogue et de consignation avec l’union des Comores. 

Et je vous remercie de cet esprit, Monsieur le président, qui correspond à votre volonté de faire réussir votre pays dans le cadre de cette région, et nous y avons un destin lié. Notre entretien à mes yeux est très riche, et je vous remercie encore, cher Président AZALI, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les élus de Mayotte, pour votre engagement dans cette nouvelle étape des relations franco-comorienne que nous inaugurons aujourd’hui. Vous êtes toujours le bienvenu, et je vous rendrai la politesse, cher président.

Azali ASSOUMANI

Excellence, Monsieur le président, chers amis et frères, mesdames et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les ambassadeurs, honorables assistances. Permettez-moi tout d’abord de vous remercier, Monsieur le président, pour votre aimable invitation à effectuer une visite officielle en France après ma réélection à la magistrature suprême de mon pays. La cérémonie militaire de ce matin aux Invalides et la chaleur de votre accueil ici à Paris au Palais de l’Elysée honore votre grand pays la France, et vous honore également. Comme vous venez de le dire, Monsieur le président, nos deux pays, la France et les Comores entretiennent une relation d’amitié et de coopération privilégiée et très ancienne. Ces relations sont tissées par l’histoire, la langue, le sang, et la présence d’une forte communauté comorienne en France. Avec le Président MACRON, nous avons examiné en long et en large plusieurs sujets qui préoccupent le monde et l’Afrique, notamment le changement climatique, la lutte contre le terrorisme et la piraterie dans les eaux de notre sous-région, ainsi que la sécurité maritime. 

Nous avons surtout accordé une attention toute particulière à la coopération bilatérale, entre l’union des Comores et la République française. Nous avons examiné la nécessité de recadrer cette coopération et de la renforcer davantage en vue de bâtir ensemble un partenariat stratégique. Je vous remercie, Monsieur le président, pour votre engagement et votre soutien en faveur de l’union des Comores dans ses efforts de développement. Nous avons également abordé deux sujets majeurs d’intérêts communs, et celui d’abord de contentieux territorial qui oppose notre à la France depuis plus de 44 ans. Le règlement pacifique de cette question relative à l’île de Mayotte, puisque c’est d’elle dont il s’agit, passe par une volonté politique des deux pays, et une implication effective de nos frères et sœurs de Mayotte. 

En ce qui me concerne, j’ai toujours œuvré pour le rapprochement des îles de l’archipel des Comores et leur épanouissement dans l’espace indo-océanique, l’organisation commune des manifestations sportives et culturelles au profit de la jeunesse, ainsi que les échanges commerciaux favorisant la circulation des personnes et des biens, et qui peuvent également renforcer ce que l’histoire et la géographie nous ont légué. Il nous appartient de rechercher ensemble un compromis pour une relation apaisée entre les deux pays, pour parvenir à solution juste et équitable à ce contentieux désagréable pour reprendre les paroles de feu le président François MITTERRAND. Ainsi avec le président MACRON nos discussions ont permis de dégager une volonté commune en ce qui concerne la question, une nouvelle vision du cadrage de la coopération pour que la France accompagne les Comores dans sa quête vers l’émergence à l’horizon 2030. 

 

Comme vous venez de le dire, la France nous a accordé 150 millions dans les trois ans à venir dans le cadre d’investissements, de grands investissements : la santé, l’éducation et l’insertion professionnelle des jeunes. Les Comores ont une ambition de l’émergence de notre pays d’ici 2030 et dans ce cadre le président MACRON a accepté de nous accompagner par la réorganisation d’une conférence des bailleurs de fonds à Paris qu’il a acceptée de présider lui-même. Durant cette visite officielle je rencontrerai demain le patronat en vue d’examiner les moyens d’accroître les investissements français aux Comores et expliquer aux opérateurs économiques français les opportunités d’investissement qui s’offrent dans notre pays. Les nouvelles institutions comoriennes issues des recommandations des assises offrent toutes les garanties et toutes les protections juridiques dont ils ont besoin. Monsieur le président, avant de clore mon propos, permettez-moi de saluer votre engagement personnel en faveur du multilatéralisme et face aux préoccupations de l’Afrique et du monde aussi bien dans les conflits qui embrasent cette région comme le Moyen-Orient que sur les problèmes liés à la protection de l’environnement, aux migrations ou à la lutte contre le terrorisme notamment dans l’espace du Sahel : vous avez toujours su adopter des positions dignes de l’humanisme qui caractérise votre grand pays, la France. Vive la coopération internationale, vive l’amitié franco-comorienne, je vous remercie Monsieur le président. 

 

Emmanuel MACRON

Merci Monsieur le président. Nous allons prendre deux questions.

Intervenant non identifié

(Inaudible)

Azali ASSOUMANI

Ecoutez, je vous assure que les discussions ont lieu. Madame VOYNET était aux Comores, je l’ai rencontrée moi-même dans mon bureau et puis elle s’est entretenue avec le SIG du gouvernement, le coordonnateur du gouvernement et sur le côté nous sommes ensemble conscients de ce que vous dites, que ce projet ambitieux doit éclairer, doit être un bel exemple du partenariat entre la France et les Comores pour les autres partenaires. Et c’est pourquoi ce choix du secteur social a été le plus indiqué parce qu’effectivement on a besoin de la formation, on a besoin de la santé pour travailler et de ce côté-là nous en sommes très conscients, les discussions se poursuivent et très sincèrement nous côté comorien on est vraiment engagé pour (inaudible) du concret pendant les 3années et qu’effectivement après la quatrième année on puisse peut-être mettre un zéro à droite par rapport à ce montant inshallah. 

Emmanuel MACRON

Pour être très précis il y a tout un travail qui a été fait ces mois précédents, le président évoquait sur le plan de la santé la mission effectuée par Dominique VOYNET qui a permis d’élaborer la feuille de route, qui a été signée par les ministres. D’abord en termes de montant c’est une multiplication de plus de 10des montants que nous investissons à travers en particulier l’Agence française de développement : 150 millions sur 3 ans. Ensuite les projets ils ont été co-définis et donc il ne s’agit ni de dire que c’est un fléchage qui serait fait par la France seule ni de dire que c’est de l’argent qui serait donné avec libre décision, qui ne corresponde pas aux priorités. On a co-défini des priorités de développement dans les 4 domaines que je rappelais dans mon propos introductif, sur ces quatre domaines il y a à la fois des objectifs, des modalités de gouvernance qui ont été arrêtés, c’est là-dessus que l’AFD mettre l’argent pour précisément avoir des résultats conjoints. 

Jean-Amy BAUDOT

Messieurs les présidents bonjour, Jean-Amy BAUDOT, Europe 1 pour la presse française. Les Comores revendiquent — peut-être une première question pour vous deux Messieurs les présidents — les Comores revendiquent l’île de Mayotte depuis 1975, il semble que vous ayez abordé la question, la question est simple: est-ce que l’île de Mayotte restera éternellement française ? Et puis peut-être une question pour vous président MACRON, le texte sur le CETA sera demain à l’Assemblée, ce matin votre ancien ministre Nicolas HULOT a appelé à avoir le courage de ne pas voter le texte, des voix y compris au sein de votre majorité s’inquiètent d’une baisse des standards environnementaux, que répondez-vous à Nicolas HULOT, est-ce que vous avez des garanties noir sur blanc ? 

Emmanuel MACRON

Sur le premier sujet que vous évoquez, qui est le sujet du désaccord qu’on connaît, Mayotte est française pour nous, ce n’est pas reconnu comme tel par l’Union des Comores, sa population s’est clairement exprimée à plusieurs reprises sur ce point et la France est profondément attachée au respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Et donc c’est sur ce point qu’est le désaccord. Nul ne sait dire ce qu’est l’éternité, en tout cas je n’ai pas cette prétention, mais j’ai cette volonté, ces principes défendus et c’est ce que je porte aujourd’hui. Moi j’ai noté la volonté commune, partagée par le président Azali et moi-même d’avancer dans un cadre bilatéral pour discuter, discuter avec les représentants de Mayotte qui étaient présents aujourd’hui et réussir à aller au-delà de nos désaccords du moment. Il y a toujours un cheminement, c’est comme ça qu’on bâtit des compromis. 

Et ensuite au-delà de cette disponibilité et de cette volonté de part et d’autre d’avancer en ce sens, le partenariat signé aujourd’hui et les projets lancés montrent qu’au-delà de ces différends nous avons pris des décisions qui sont bonnes pour les populations de part et d’autre parce que, somme toute, nous avons aujourd’hui des habitants des îles des Comores, des Mahorais et des Mahoraises qui souffrent de la situation, des déséquilibres, de la situation sanitaire, du manque de développement économique, de la situation sur le plan sécuritaire et humanitaire et il faut apporter une réponse concrète

C’est ce que nous sommes en train de faire et c’est pour moi extrêmement important et c’est là-dessus en tant qu’ami, partenaire, voisin dans l’Océan indien que nous apportons une réponse aujourd’hui, quels que soient les désaccords en effet depuis plusieurs décennies. Sur le deuxième sujet, vous savez j’essaye de regarder les choses telles qu’elles sont et de porter les ambitions telles que nous les avons. Je crois que le véritable idéalisme consiste toujours à regarder le réel. Lorsque j’ai été élu et lorsque d’ailleurs Nicolas HULOT a rejoint le gouvernement d’Edouard PHILIPPE comme Ministre d’Etat le texte était signé, largement négocié, enfin il a été totalement négocié, signé et donc il n’y avait plus qu’à être ratifié. Un très gros travail a été fait par le gouvernement, par Nicolas HULOT ministre d’Etat, par les parlementaires pour améliorer ce texte et pour obtenir des garantie supplémentaires, d’abord avec de l’expertise indépendante et un rapport qui a été remis il y a peu ; ensuite avec un dispositif de surveillance après la mise en œuvre provisoire de cet accord et un rapport qui serait fait ; et avec des clauses de sauvegarde environnementale. 

L’ensemble de ces éléments ont été ainsi constitués qui ont montré que les choses avaient avancé dans le bon sens et permettaient d’aller vers une ratification. Je ne fais là que lire le rapport du CEPII qui a été produit et qui montre les choses comme le constat qui a été fait sur la mise en œuvre provisoire du CETA qui montre qu’il est plutôt favorable d’ailleurs à l’ensemble des filières agricoles françaises, contrairement à ce que je lis souvent. Est-ce que tout est garanti de toute éternité ? Jamais, donc il nous faudra être vigilant. Mais est-ce qu’aujourd’hui il serait responsable après le travail fait de dire “ce que nous-mêmes nous avons fait n’est pas effectif” je ne crois pas. Je ne le crois pas et donc je pense qu’aujourd’hui la ratification de cet accord va dans le bon sens mais en nous donnant les moyens dans la durée de s’assurer qu’il est bien mis en œuvre sur le plan national comme sur le plan européen. Nous nous continuerons à porter cette exigence sur le plan européen et je considère que c’est parfaitement cohérent avec la position qui est la mienne sur l’ensemble des traités. 

La discussion avec les Etats-Unis d’Amérique pour ma part ne pouvait pas repartir parce qu’ils ont eu décidé de sortir explicitement des Accords de Paris. J’ai dit non au nom de la France à la reprise de cet accord, nous nous y sommes opposés. Sur le MERCOSUR un accord a été signé, il est dans une phase beaucoup plus amont, ça n’est que la signature, on a demandé toute une série de garanties, nous les avons obtenues en principe, je ne suis pas totalement satisfait du texte juridique qui nous a été donné ensuite, nous aurons la discussion à l’automne. Je ne fais preuve d’aucune naïveté mais j’invite chacun à regarder la situation dans laquelle nous sommes : quel est le résultat de cette course au mieux-disant ? La fermeture de toutes nos frontières ?

 Si avec le Canada de Justin TRUDEAU nous ne savons pas trouver des accords et des moyens de respecter nos engagements climatiques portés de part et d’autre, avec qui signera-t-on des accords commerciaux, avec qui ? Et que ceux qui me demandent chaque jour d’ouvrir davantage d’échanges avec la Chine, avec la Turquie, les mêmes s’interrogent. Le commerce ça ne marche pas que dans un sens : quand on veut ouvrir des marchés avec certains pays il faut accepter que ce soit réciproque. Et je pense que ce qu’il se joue aujourd’hui c’est la définition d’un nouveau modèle commercial, je l’ai développé à plusieurs égards et lors de plusieurs prises de position : je crois que le modèle d’échanges commerciaux qui ne répond qu’à un agenda économique et commercial a vécu, je pense que nous devons intégrer nos critères environnementaux et sociaux dans nos négociations commerciales. Mais si nous décidons de tout refuser par principe comme accord commercial alors nous nous isolons nous-mêmes et nous mettons la planète dans la situation au fond d’accepter des accords commerciaux avec des gens qui ne sont que libre-échangistes. 

Je pense que c’est aujourd’hui que se joue notre capacité à nous Européens de bâtir un nouvel agenda commercial, environnemental, social. C’est là qu’il se joue, avec beaucoup d’exigence mais sans jouer sur les peurs et la facilité, et que cette facilité soit libre-échangiste sans garantie ou qu’elle soit en quelque sorte protectionniste parce que tout commerce serait par définition mauvais. Voilà le chemin que nous avons choisi, c’est un chemin de crête, j’y crois pour ma part et j’invite simplement chacun à un discours objectif. J’ai lu la tribune de Nicolas HULOT et j’ai demandé aussi que toutes les vérifications soient faites sur les prises de position de la Commission et que les garanties soient données sur chacun de ces sujets. Et après moi j’ai aussi un sens des responsabilités : quand on s’est battu pour améliorer un texte dans une condition on ne peut pas dire quelques mois plus tard le contraire, ou alors il fallait le dire quand on était en responsabilité. 

Azali ASSOUMANI

Je dois compléter un peu président MACRON par rapport au premier aspect de la question de Mayotte. C’est vrai, il a dit, il a bien dit que Mayotte est française, il a dit qu’on a un différend parce que pour nous Mayotte est comorienne et ce par rapport au droit international. Et moi en 75 j’étais en classe seconde j’ai bien suivi : la France ne s’est pas opposée à l’indépendance des Comores, n’a pas voté, qui ne dit rien consent. Bon. Des erreurs ont été commises de part et d’autre parce que ça veut dire qu’il fallait… Ce qu’on fait maintenant, le dialogue, il l’aurait fallu un peu avant, on ne l’a pas fait, mais mieux vaut tard que jamais. Il y a beaucoup de choses qui nous unissent, on ne peut pas se polariser sur les différends si au contraire il faut s’unir pour trouver une solution, effectivement comme il a dit (inaudible). Mais ça ne nous empêche pas de discuter, ça ne nous empêche pas aussi d’accepter que nos frères mahorais soient avec nous pour discuter en vue de trouver une solution équitable et qui va dans le sens de l’intérêt des deux pays.

  

EmmanuelMACRON

Merci beaucoup, merci à tous, merci cher président.

3 commentaires sur Voici en version écrite l’intégralité de la conférence entre Azali et Macron

  1. Qu’ils sont cons Macron et la délégation maoraises . Le mort vivant Azli et ses voyous les a roulés dans la farines , et voilà qu’ils empochent 150millions d’euros comme cadeau . Au lieu d’écouter la voix du peuple comorien qui se manifeste à travers sa diaspora , qui demande que le retour à l’état de droit aux Comores , mais Macron a préféré tendre la main à un président illégitime , voyou , cancre , borné , qui se prend pour un petit dictateur villageois invincible . Nous croisons les doigts pour voir où ce petit voyou d’Azali finira , et pour mayotte le chemin est encore long à parcourir pour l’arret de l’immigration .

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